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Le projet GOLEM donne vie aux statues à grands coups de mapping

La Vénus de Milo devrait bientôt retrouver l’usage de ses bras.

Le projet de sculpture augmentée GOLEM, c’est un peu la légende de Pygmalion et Galatée devenue réalité – augmentée – sauf qu’à défaut d’avoir recours à Aphrodite pour animer l’inanimé, Arnaud Pottier s’en remet plus prosaïquement aux nouvelles technologies. 

Bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que d’un prototype, l’artiste lyonnais parvient à repousser l’impassibilité maladive d’un buste sculpté en lui projetant sur la tronche un savant cocktail de technologies photo, vidéo et 3D. La sculpture prend alors vie et se met à vous chercher du regard. Comble, le morceau de marbre fait preuve d'une humanité qui lui était jusqu'alors étrangère en clignant des yeux. L’expérience est d’autant plus saisissante que le vidéo projecteur à l’origine de cet effet échappe aux regards curieux des spectateurs puisqu’il est directement inclus dans un socle bourré de miroir sur lequel repose le buste.

Lorsque qu’il parle de son œuvre, c’est le mot minimaliste qui revient le plus souvent dans la bouche d’Arnaud Pottier. « Le but est de créer une pièce qui dérange, fascine et détonne, confie-t-il. L’aspect minimaliste de la sculpture augmentée est pleinement assumé. Un simple clignement des yeux suffit pour provoquer tout un tas d’émotions antagonistes chez le spectateur. Le sentiment étrange qui prévaut lorsque l’on instille de l’humain dans le non-humain, voilà c’est ce que je recherche avec GOLEM». 

D’un point de vue technologique, rien de minimaliste pour autant. Oubliez les logiciels ou le mapping architectural avec ses jeux de perspectives. GOLEM c’est 5 ans de développement pour parvenir à mapper directement des objets 3D ainsi que pour aboutir à un flux vidéo qui envoie des images anamorphiques via un nano-ordinateur Raspberry Pi sur le buste. 

Arnaud Pottier devrait bientôt accoucher des trois autres prototypes qui complèteront le projet GOLEM avant de s’attaquer aux sculptures de renom qui s’empoussièrent dans nos musées. « On compte aussi se mettre sur la Vénus de Milo mais dans une version trash contemporaine » assure Etienne Guiol du studio BKYC auquel appartient Arnaud Pottier. L’artiste n’exclut d’ailleurs pas de rendre « à la Vénus » l’usage de ses bras pour pouvoir enfin tarter les pervers aux mains baladeuses qui défilent tous les jours devant elle. 

Les 4 prototypes du projet GOLEM seront exposés du 1er au 22 octobre 2014 à la délégation parisienne du Grand Lyon, 2 rue de Villersexel.