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Comment des experts ont finalement réussi à reconstruire la « huitième merveille du monde »

Il aura fallu vingt ans à la Russie pour reconstituer la célèbre Chambre d’ambre du Palais Catherine à Saint-Pétersbourg, pillée par les nazis.

Noémie Jennifer

Images publiées avec l'aimable autorisation du Tsarskoye Selo State Museum.

Derrières les portes closes d'institutions d'art des quatre coins de la planète, se cachent des machines à remonter le temps et autres chambres d'investigation. On y voit ressortir de ternes chefs-d'œuvre aussi éclatants qu'à leurs premiers jours ; on y perce des secrets de maîtres ; on y met à jour des compositions secrètes planquées dans de célèbres toiles. The Creators Project vous fait entrer dans ces laboratoires de restauration.

Régulièrement, le mystère de la Chambre d'ambre, disparue suite au pillage du Palais Catherine par les nazis en 1941, revient à la Une des journaux. Des retraités allemands ont exploré des tunnels et bunkers en Allemagne, L'an dernier, un musée polonais pensait avoir découvert le butin dans une pièce secrète d'un bunker nazi. Mais les ornementations en ambre de cette pièce du palais de Saint-Pétersbourg, datant du XVIIIe siècle, demeurent introuvables. Beaucoup croient qu'elles ont été détruites durant les dernières heures de la Seconde Guerre mondiale et que, même si on les avait retrouvées depuis, elles seraient trop détériorées pour être restaurées. En 1979, les autorités soviétiques se sont rangées de ce côté-là, décidant que leur recherche était peine perdue et redirigent leur énergie vers un projet plus réalisable : sa reconstitution.


Photographie colorisée de la Chambre d'ambre d'origine, 1931.

Des dizaines d'artisans et de restaurateurs ont été sollicités pour réaliser la réplique de la Chambre d'ambre. Selon le site Amber Workshop, du matériel médico-légal a été utilisé pour déterminer avec autant de précision que possible les caractéristiques précises de la pièce d'origine à partir de vieilles photos. Pour reproduire les quatre mosaïques florentines, des pierres semi-précieuses ont été commandées dans toute l'Union soviétique, le Pakistan et l'Italie. Sur vingt ans, près de huit millions de dollars ont été dépensés — plus 3,5 millions offerts par une entreprise allemande en 1999.

Dévoilée en 2003 lors d'une cérémonie présidée par Vladimir Poutine et le chancelier allemand Gerhard Schröder, la reconstitution de la Chambre d'ambre est désormais accessible au public. Il y a quelques années, l'une des mosaïque florentine a été retrouvée et la différence est presque imperceptible à l'œil nu : « Les critiques les plus sévères et les opposants au projet ont finir par reconnaître le talent de nos artisans », proclame le site. Quant au destin de la pièce originale, le mystère reste entier.

Pour en savoir plus sur la Chambre d'ambre, cliquez ici. Pour préparer votre visite au Palais Catherine de Saint-Pétersbourg, cliquez .

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